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FLYING AFRICA

JP Philippe
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Revue de presse

En Europe comme en Afrique, l’aviation générale connaît une lente et préoccupante érosion, à l’exception notable de l’Afrique australe. Les causes sont multiples et souvent liées à des contraintes économiques écrasantes : des taxes d’atterrissage devenues exorbitantes dissuadent les pilotes privés et les petites structures, et l’obligation d’utiliser des sociétés de handling sur tous les aéroports internationaux a encore alourdi les coûts.


 

Paradoxalement, l’arrivée massive des compagnies low cost, qui ont envahi les aéroports secondaires, a contribué à augmenter le prix des services aéroportuaires. On oublie trop que c’est souvent grâce à l’aviation générale que ces aéroports ont pu maintenir une activité avant la révolution des vols à bas coût. Cette situation est aggravée par une méconnaissance persistante du faible impact environnemental des avions légers comparé aux gros porteurs.

 

Seules les écoles de pilotage résistent encore, portées par une demande croissante de nouveaux pilotes. Les aéro-clubs, en revanche, sont en voie de disparition — particulièrement en Afrique où seuls quelques clubs d’ULM continuent d’opérer, et cela reste marginal. Le carburant Avgas, vital pour les moteurs à piston, devient très difficile à trouver ; lorsqu’il est disponible, son prix est prohibitif. Même les petites sociétés de taxi aérien et les organisations humanitaires, telles qu’Aviation sans Frontières, rencontrent de grandes difficultés à maintenir leurs opérations.

 

En Afrique, les aéro-clubs ont quasiment disparu, à l’exception de quelques poches de résistance comme à Dakar et Abidjan. En revanche, dès l’arrivée en Namibie, le paysage change favorablement : de nombreux avions légers continuent d’être exploités dans toute l’Afrique australe, offrant un souffle d’espoir que cette dernière terre d’aviation générale perdure malgré les vents contraires.

 

Il est d’autant plus regrettable que l’aviation générale tende à disparaître, car son développement favorise directement la qualité et la sécurité du secteur de l’aviation civile. L’aviation générale alimente la formation de pilotes, entretient un maillage d’aéroports locaux, apporte de l’expérience opérationnelle et nourrit une culture de sécurité qui irriguent ensuite l’ensemble du système aéronautique.

 

On constate d’ailleurs que les pays où l’aviation générale est fortement développée bénéficient souvent d’un niveau élevé de qualité dans leur aviation civile : pensez aux États‑Unis, à l’Australie, à l’Afrique du Sud ou au Brésil — des nations où la présence d’un parc d’appareils légers, d’écoles de pilotage actives et d’infrastructures dispersées contribue à des standards opérationnels et à une surveillance de qualité.

 


Protéger et soutenir l’aviation générale, c’est donc préserver non seulement un moyen de vol, mais aussi une école de pratiques, d’expérience et de sécurité indispensable au bon fonctionnement et à la sûreté de l’aviation civile.



A développer…